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Preuve à l'appui n° 1 : de la pratique médicale.
Ainsi que je l'évoquais en juillet dernier, dans l'Assertion Débile n° 3, la Médecine Morderne commet des horreurs. L'on aurait pu m'opposer que cette affirmation à l'emporte-pièce n'engageait que moi, que je versais dans le sentimentalisme exacerbé et que, finalement, tout cela n'était qu'une question de raideur morale catholique et mal placée, du type de celles qui assènent durement que « mentir est un horrible péché ». Or pourtant donc, Sylvie Fainzang, une anthropologue perspicace et déterminée, a mené l'enquête et a pondu, en septembre, un petit rapport aux PUF, qui s'avère amener à mon moulin une eau limpide et irréfutable.
Ainsi, dans son article paru dans Le Soir du 8 novembre dernier, Raphaël Duboisdenghien résume la situation sous forme de constat désabusé : l'on ment plus et mieux aux patients pauvres ou culturellement défavorisés; tandis que les malades, de leur côté, n'hésitent pas à entrer dans ce petit jeu du « je sais tout mais j'te dirai rien », qui mène le plus souvent la relation thérapeutique à un échec lamentable.
Voici un extrait de l'article (qui coûte un crédit et que je ne reproduirai donc pas ici dans son entièreté, pour d'évidentes raisons de copyright) :
«Dialoguer avec un médecin n'est pas toujours facile. Informer un patient sur son mal et les soins qu'il reçoit ne l'est pas davantage... Après avoir enquêté dans des services de cancérologie et de médecine interne, Sylvie Fainzang affirme que le mensonge est pratique courante lors de ce tête-à-tête. »
Je ne m'énerverai jamais assez sur le sujet. Je pourrais tout aussi bien rester zen pour dire ce que j'ai à en dire, comme les journaleux du quotidien Le Soir. Mais cependant, il n'empêche que, sur ce coup-ci, j'ai raison. D'ailleurs, je tiens à souligner qu'il ne m'a pas fallu une étude anthropologique de quatre ans pour déceler un dysfonctionnement et en souligner toute la noirceur, haut et fort, comme je sais si bien le faire...
La morale de mon histoire c'est que les toubibs ne comprennent que la menace, et qu'il vaut mieux leur balancer d'emblée un « me raconte pas de bobard, sinon j'te colle aux fesses un tel procès que tout ton fric y passera, y compris tes bons de caisse luxembourgeois non déclarés », du moins si l'on entend ressortir de leur cabinet avec des infos qui tiennent la route.
Et que, évidemment, il vaut mille fois mieux être un espion de l'autre camp, en bonne santé sur son green-de-golf-verdissime, qu'une aspirante à la traîtrise en pleine crise mystique, logée dans une base en ruine et contaminée de toutes parts, au fin fond de la steppe sibérienne.
Amen.
