Mercredi 18 mai 2011 3 18 /05 /Mai /2011 22:33

point roseCrédit image : The Mata Story

 

 

Bien. Ceci étant posé : Mata Story, c'est reparti ! J'en étais donc à une très sincère et très inflexible exhortation à être heureuse; bien que j'eusse plutôt dû écrire « beaucoup plus heureuse », eu égard à mes sereines contemplations dernières. Que l'on m'entende bien, néanmoins, tout n'est pas rose sous le soleil, loin s'en faut. Je pourrais revenir sur l'affaire Mirkov mais j'y renonce - que je rassure le lecteur : l'affaire Mirkov est loin d'être défunte – tout au plus profondément désinfectée. Mirkov (pas plus que Jones) n'ont rien à voir avec les épreuves que j'endure quotidiennement (et nuitamment, d'ailleurs), depuis bientôt douze interminables mois. C'est cette maudite glène. Que dis-je ?! Ce SONT ces maudites glènes, qui s'y sont mises en canon et en choeur, pour me pourrir l'existence et le tendon sus-épineux. Je reconnais toutefois qu'il fallait bien une sévère pathologie arthritique pour m'amener à cesser de gesticuler comme une perdue, seule au sommet, à feindre la souveraineté bien qu'il n'y ait rien au monde qui fût plus éloigné de moi. Bien fait pour ta pomme, pauvre pomme...

 

Quantité des questions cruciales m'ont punaisée sur ma chaise, mais jamais aussi rudement que la violente crise inflammatoire qui m'est tombée dessus, telle une chape de plomb fondu. Je ne crois ni aux hasards ni aux maladies somatiques. Or pourtant, celle-là, je l'admet du bout des lèvres, pourrait bien être l'exception qui confirme la règle. Toujours est-il que les raisons pour lesquelles je me démenais n'ont plus aucune raison désormais. Il faut raison garder. Je n'ai qu'une seule vie. Il m'a fallu des années pour me dépiauter à l'envers, « telle un Marsyas moderne », comme je l'ai écrit un jour. Il ne me faudra pas deux semaines pour me repiauter à l'endroit, c'est moi qui vous le dit...

 

Car Jones est là, lui. À tenir les promesses qu'il n'a jamais faites. À veiller sur mes nuits de souffrance. À forcer mes derniers retranchements afin de me traîner chez les médecins. À m'aimer, indiscutablement. Jones est là, debout, sans le moindre doute et sans la moindre peur. Il a confiance, Jones. C'est normal, Jones est un chat roux. Il a toutes ses vies devant lui.

 

Je sais désormais que tout existe et que tout est vrai; et que tout ce qu'il me reste à faire, c'est d'inventer la suite avec lui. Il faudra sans doute commencer par quelque part, aussi me proposé-je hier soir d'en recoudre avec la ligne de créature que j'abandonnai quelque part sur la voie, en ce jour brumeux où je m'égarai dans l'impasse des rotten tracks immobiles. Fatale erreur. Que ferai-je, sans ? Aussi est-il tout à fait indispensable que, sur les traces de Mirkov qui me précède – comme toujours – je m'arrange pour retrouver cette fameuse ligne, et au trot, encore ! Je ne puis me l'expliquer, et sans doute cela n'est-il pas utile, mais j'ai depuis quelques semaines d'improbables pressentiments d'anti-Cassandre. Pour la première fois de ma vie, j'ai la certitude viscérale que tout ira bien. Considérant la précision chirurgicale qui fut la mienne, lorsque j'entrevis les tonnes de schrapnels qui allaient pleuvoir sur moi, je ne puis douter du fabuleux augure que constituent ces prophéties venues de nulle part et me promettant rien moins que l'Olympe. Encore faudrait-il que je redescendisse du K2 où l'ankylose m'asphyxie depuis le départ. Mais ne nous attardons pas aux détails.

 

La simple perspective qu'une robe vînt à nouveau me prendre pour aller au bal me donne littéralement des ailes. Connaissant Jones, je n'ai aucune illusion d'ailleurs : il ne se contentera ni d'une seule robe ni d'un pauvre bal. Son imagination est sans limite. Soudain je m'arrête et je me prends à rêver. Que ne peut-il pas ? Que ne VEUT-il pas, tout simplement ? Les mots et les songes m'assaillent, depuis lui. Je ne sais par quel fil commencer. Il me faudrait mille mains, mille coeurs et mille bouches. Il y a bien, là, sous la peau qui palpite, un point rose qui frémit. Je commencerai par le déposer à ses pieds. C'est un bon début, ce me semble...

Par MS - Publié dans : The Mata Story
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