Mardi 1 décembre 2009
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19:47
Crédit image : http://www.maturetimes.co.uk/node/7990
Ainsy doncques, soit. Une petite pause avant que de passer au Fric à tout prix, Part 4
(four). Étant plus loin de quelques cases sur l'échiquier des finances, Cher Lecteur facétieusement distancié par Mata-L'espiègle, je puis ce soir cesser un court instant mon cabotinage bégueule
et laisser voir ce qui doit être vu.
C'est avec une fierté non dissimulée que j'abordai ce matin au rivage exotique du positif bancaire ininterrompu pendant plus de trente jours. Précisons
que si je me targue de donner quelques conseils, c'est évidemment pour les avoir appliqués sur ma pomme auparavant ET pour avoir vérifié qu'aucun effet secondaire fâcheux n'accompagnait
mes Mata-remèdes. Les Jekylleries, très peu pour moy... Orrr doncques.
Je puis aujourd'hui affirmer que le serrage de vis budgétaire n'est pas une fumisterie inventée par l'État pour augmenter l'impôt sur les personnes
physiques au nom du ratio entre dette publique et produit intérieur brut. Le serrage de vis est d'une redoutable efficacité, pour peu que l'on s'y tienne et que l'on se planque (l'averse de
Schrapnels étant par définition totalement imprévisible). Oui, le budget vaut l'arme thermo-nucléaire à lui tout seul. Oui, les choix posés au nom de la rentabilité à long terme sont les plus
judicieux. Et oui, brailler « va te faire f*** » au discours lénifiant de la société d'hyper-consommation est une formule magique inattaquable. Que je m'expliquasse plus avant.
Reprenons la situation au point exact où j'en étais, au dernier jour du mois de novembre de l'An de Grâce deux mille huit. Mon compte courant était à
découvert de presque 1.300 euros; le révolvique qui me tenait à la gorge mesurait dans les 2.100 euros; et mes dettes « propres » s'élevaient à presque 96.500 euros. Au total, j'avais dans les
cent mille euros de dettes. Et, ô miracle, 300 euros sur mon compte d'épargne. Quelle chance ! [sic].
Trois cent soixante-cinq jours plus tard, mon révolvique a fondu à un petit 750 euros, sous les imprécations dont je le noie depuis mai. Mon découvert
bancaire n'existe plus - paix à son âme. Quant à mes dettes propres, j'en suis à 87.700 euros. Soit au total 11.450 euros de moins que le montant de la dette d'il y a un an. Je l'affirme haut et
fort : ce n'est pas une petite victoire, à l'aulne de ma ridicule indemnité d'espyonne arnaquée par l'ex-Empire Soviétique. Mais le plus beau, c'est cecy : l'épargne a gonflé jusqu'à un montant
prodigieux de 2.800 euros. Les miracles existent donc bel et bien...
L'on pourrait légitimement m'accuser d'avoir cédé à une trouille fort peu digne de mes fanfaronnades répétées au sujet de la Droiture, du Courage et des
Responsabilités Crânement Assumées. Il est vrai que mon redressage de justesse tombe au moment précis où la planète fric est secouée par un séisme boursier sans (presque aucun) précédent. À ce
sujet et soit dit en passant, je signale au Lecteur que le krach de 1929 n'est qu'un exemple. Je renvoie les curieux à leurs livres d'histoire, notamment chez nos amis bataves férus de bulbes et
chez nos insouciants voisins français de l'époque Régence, qui eurent la mauvaise idée de faire confiance à un écossais cinglé du nom de John Law. Mais revenons-en à la trouille et aux
dettes. Pourquoi donc s'en prendre icy et mayntenant à ma balance budgétaire déséquilibrée ? C'est fort simple, en vérité : je sens que l'heure est au mouvement inflationniste et que ce n'est
plus du tout le moment de rigoler avec les taux. Eu égard au vieil axiome qui veut qu'à toute action corresponde immanquablement une réaction, je ne puis ignorer que les gigantesques prises de
bénéfices dans toutes les places boursières n'augurent quelques petites surprises supplémentaires pour l'individu lambda moyen. Et il se trouve précisément que l'individue lambda - nommée Mata,
n'y voyez aucun hasard - n'entend pas se départir de sa légendaire stratégie anti-tirs de Schrapnels non identifiés. S'il se passait ce qui a eu lieu entre 1974 et 1984, c'est-à-dire que les écus
se mettent à rouler comme de la mousse, je ne donne pas cher des malheureux inconscients qui n'auraient pas tricoté un petit bas de laine version « cotte de maille » rivetée. Et si rien ne se
passait ? Je me gausse, car cela ne changerait rien à mon pari pascalien sur le pognon : qu'il se trouve que j'en aie besoin, il serait là. Dans le cas contraire, ma suite au Bellagio serait
toute prête pour les noces pornographico-elevenesques dont Jones et moi avons rêvé le scénario il y a quelques temps déjà. Dans un cas comme dans l'autre, dès lors, il ne me resterait plus qu'à
poursuivre patiemment mes expériences autour de la sagesse grand-maternelle, dont le bon sens terrien aiguisé fut ma Providence, à l'époque où tout indiquait que j'allais perdre jusqu'à ma
dernière paire de chaussettes.
C'est dès lors avec un sentiment de satisfaction amplement mérité, bien que non dénué d'une très légère pointe d'auto-dérision, que je m'en vais
procéder ce soir à la mise en chantier de mes cadeaux de Noël fabriqués maison, rigueur budgétaire oblige. Amen.
Par MS
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Publié dans : The Mata Story
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