Jeudi 12 janvier 2006 4 12 /01 /Jan /2006 12:16

Un blog… un blog ! En voilà une idée. Comme si je n’étais pas déjà débordée, il faudrait qu’en plus je me déblogasse ? Non, alors là non de non. Je ne débloguerai pas. C’est bien assez de délirer plus souvent qu’à mon tour, de déborder, de me démener, de déchanter, d’en débattre ou même, je l’avoue honteusement, de désespérer parfois.

La petite voix insidieuse qui me susurre le blog à l’oreille ne me lâche pourtant pas.

- Siiiiiiiiiiiiiiiiiii, dit-elle sournoisement, avec son petit seveu sur la langue, siiiiiiiiii, le blog ssseraaaaaaaaaa, csss’est indissssssssspenssssssssssable.

Je t’en donnerai moi, de l’indispensable. Elle ne fait pas bouillir la marmite, la petite voix. Elle ne paie pas les factures. Elle ne sait pas qu’à mon âge, on n’a plus guère le temps de rigoler ou de s’amuser. Elle ne sait pas que je suis une misérable victime de l’amour, qui se traîne, pathétique, le cœur broyé, l’œil morne, le poil terne et l’oreille avachie… wouf ! Et le pire, elle ne comprend pas, la petite voix, qu’il y a des épreuves qui ne se partagent pas.

- Ssssois un peu plus sssssouple, sssssss’il-te-plaît, insiste la petite voix.

- Fous-moi la paix, rétorque-je.

Mais en écrivant ceci, je me demande si la petite voix n’aurait pas un peu raison. Que je sois lue, dans la cacophonie blogosphérienne actuelle, n’est pas important. Ce qui l’est par contre, c’est de parvenir à dire certaines choses. Et, mieux, de parvenir à les dire sans les expliquer vraiment.

- Un blog, reprend-t-elle, sssssssssssurtout ne va pas le plassssssssssssser chez les adultes.

- Ah ? et où donc alors, selon toi ? Je devrais risquer l’outrage aux bonnes mœurs, par-dessus le marché ?

- Non, ne sssssssois pas sssssssstupide. Tu n’es pas que çssssssssssssssssssssssa. Tu es plusssssssss que çssssssssssssa.

- Oui, bon, je l’admets. Et alors ?

- Csssssssssse n'est pas ssssssssi difficsssssssssssile. Essssssssssaye, çssssa te fera du bien.

Pas la peine de vouloir faire taire la petite voix. Telle la goutte creusant la pierre, elle va continuer de me zézayer dans les portugaises jusqu’à ce que je lui cède. Si je veux qu’elle me lâche, il faut que je lui accorde ce qu’elle réclame. Un blog, donc.

Soit. Mais bon, un blog à quel sujet ? Parler de moi, de ma vie privée ? Trop scabreux. Parler de mes passions, coups de cœur, de gueule, hobbies ? Trop sectaire. Reste le langage codé. Oui, ça me plaît bien ça, le coup du code, comme dans les films d’espionnage américains, au temps de la guerre froide. Devine qui pourra, qui voudra, qui survivra. Ah ! ça ira…

Let’s go : the Mata Story.

Par MS - Publié dans : The Mata Story
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